Manifeste Slow Food Wine pour un vin bon, propre et juste

1. Les domaines viticoles doivent cultiver directement au moins 70 % des raisins utilisés pour la production de leurs vins (avec des dérogations pour certaines régions qui, par tradition, ont un commerce important de raisins, comme Madère, la Napa Valley, le sud de l’Espagne, etc.).
2. Les domaines viticoles ne doivent pas utiliser d’engrais, de désherbants ni d’ antibotrytiques issus de la chimie de synthèse.
3. L’utilisation des ressources environnementales pour la production de vin doit être responsable et durable. Le recours aux systèmes d’irrigation doit être limité autant que possible et viser à éviter les cas de stress hydrique sévère.
4. Les bâtiments de l’exploitation, s’ils doivent être construits, doivent s’intégrer dans le paysage. Si les constructions existent déjà, leur éventuelle rénovation et leur gestion doivent tenir compte de la durabilité environnementale.
5. Les caves ne doivent pas recourir à l’osmose inverse ni à des méthodes physiques de concentration du moût. De plus, sauf pour les vins mousseux ou les vins pour lesquels la tradition le prévoit, il ne doit pas être utilisé de MCR (moût concentré rectifié) ni de sucre (selon les pays où l’on opère). L’utilisation de copeaux pour aromatiser les vins n’est pas autorisée.
6. La teneur en anhydride sulfureux du vin ne doit pas dépasser les limites indiquées dans la certification des vins biologiques de l’Union européenne.
7. Les vins doivent refléter le terroir dont ils sont issus ; c’est pourquoi nous encourageons l’utilisation de levures indigènes ainsi que la recherche scientifique visant à isoler des levures autochtones pouvant ensuite être reproduites et utilisées par l’exploitation ou par plusieurs vignerons d’une même région et d’une même appellation.
8. Les vins doivent être exempts des principaux défauts œnologiques, car ceux-ci ont tendance à uniformiser les vins et à gommer les différences territoriales.
9. Il est souhaitable que la cave collabore activement avec l’ensemble de la communauté agricole afin de valoriser le système agricole de la zone territoriale où elle opère. À cet égard, il est absolument nécessaire que la cave entretienne une relation constructive avec ses collaborateurs et ses employés, en encourageant leur épanouissement personnel et professionnel ; il est tout aussi nécessaire qu’elle collabore et partage ses connaissances avec les autres viticulteurs du territoire, en évitant toute concurrence déloyale.
10. Le vigneron durable favorise la biodiversité grâce à des pratiques telles que : l’alternance du vignoble avec des haies et des zones boisées ; une gestion du sol prévoyant l’enherbement et les engrais verts et excluant, dans tous les cas, le sol nu, sauf pendant de courtes périodes saisonnières ; la protection des insectes pollinisateurs et de la faune utile en utilisant de préférence des insecticides autorisés en agriculture biologique lorsque ces interventions s’avèrent nécessaires, en évitant toutefois de les utiliser pendant la floraison de la vigne et des autres espèces herbacées présentes dans le vignoble ; l’élevage d’animaux dans le respect de leur bien-être et la production de fumier à la ferme ; la production à la ferme de compost à partir des résidus de taille et d’autres matières organiques.