Une nouvelle Slow Food Farms chez nous : la ferme Saint Roch à Rambaud dans les Hautes Alpes : Elevage et polyculture bio.
Damien et Laurence élèvent sur les terres familiales un troupeau de vaches de la race Limousine en bio et cultivent des légumineuses, des céréales et des fourrages. Pour nourrir les animaux ils sont en autonomie fourragère (prairies naturelles, prairies cultivées et céréales).

Damien s’est orienté depuis 2018 vers l’agriculture de conservation sur sol vivant. Il expérimente sans cesse la réduction du travail du sol et la diversification des cultures. Il teste chaque année de nouvelles variétés. Une partie des terres est consacrée aux cultures pour l’alimentation humaine. La réussite est dans la diversité : quinoa, chanvre, sarrasin, blé dur, lentilles vertes, pois chiche, haricots, maïs population, chia, lin, cameline, chanvre, …
Par exemple, si les pois chiches sont victimes de la grêle, le sol est griffé et il sème du maïs ou du sarrazin. Tout n’est pas perdu. De plus une partie des semences est récupérée d’une année sur l’autre. Damien récolte même des graines des herbes sauvages pour ensemencer des prairies pour les bovins.

Culture biologique oblige, un soin particulier est apporté à la fertilisation et à la préservation des sols. Évidemment le fumier des bovins est utilisé. Une partie est traitée selon la méthode du bokashi, c’est-à-dire que le fumier est mis à fermenter en l’absence d’oxygène. Des engrais verts sont plantés comme la cameline. Le sol est très souvent couvert. Il s’agit aussi de cultiver les espèces qui ont le taux de récolte le plus faible. Par exemple, pour le blé, la moitié de la matière produite est exportée du champ alors que pour le maïs c’est seulement 1/3. Ce qui n’est pas exporté est réutilisé sur place. Enfin, la rotation des cultures est aussi largement pratiquée. Elle limite l’installation des plantes nuisibles, des insectes ravageurs et des maladies. Elle permet d’augmenter les rendements.

Damien pratique aussi les cultures associées. L’association lin-cameline favorise la biodiversité. La complémentarité de ces deux cultures augmente aussi la production. Autre exemple, des pois chiches sont plantés entre les rangs de lin. Chaque espèce est moins productive que cultivée seule mais la production globale est plus importante qu’une même parcelle en monoculture.
Le tri des récoltes est le domaine de Laurence. Grâce à des trieurs de plus en plus efficaces elle peut séparer, par exemple, la cameline des lentilles et du lin. Une autre trieuse permet de séparer les grains de maïs des haricots moissonnés ensemble.
Pour l’arrosage, la porosité du sol est favorisée afin qu’il retienne plus d’eau. L’eau d’irrigation provient du Drac. Elle est pompée dans le Champsaur. C’est de l’eau nivale principalement. Le souci constant à la ferme est de mettre en adéquation les cultures avec la ressource.

Pour la commercialisation, le couple a choisi les circuits courts : vente à la ferme, livraisons à domicile, livraisons dans des AMAP, fourniture de magasins comme Biocoop ou Sainbio’z à Gap. Ils livrent même un restaurant à Briançon : Le Pied de la Gargouille.


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